Différence entre les normes HRO, ISO et ESD
Introduction
Les chaussures de sécurité relèvent du règlement UE 2016/425 (équipements de protection individuelle, catégorie II) et doivent être marquées CE selon la norme EN ISO 20345 :2022 (évolution de la version 2011). Cette norme spécifie notamment que les chaussures de sécurité (symbole « S ») possèdent un embout protecteur aux orteils supportant un choc de 200 J et un écrasement de 15 kN. En revanche les chaussures de protection (norme EN ISO 20346, symbole « P ») ont une coque à 100 J, et les chaussures de travail (EN ISO 20347, symbole « O ») n’ont pas d’embout. Les méthodes d’essai sont décrites dans la norme EN ISO 20344.
Aux exigences de base s’ajoutent des performances additionnelles (p. ex. SRC glissance, HRO résistance thermique, ESD dissipation statique, etc.) adaptées à des risques spécifiques.
Les mentions additionnelles HRO et ESD ciblent des risques particuliers :
- HRO atteste que la semelle extérieure supporte sans fondre ni craquer un contact à 300 °C ;
- ESD indique que la chaussure dissipe les charges électrostatiques (test EN 61340‑4‑3 avec R typiquement entre 100 kΩ et 100 MΩ). Cet article analyse ces normes, leurs méthodes d’essai et applications pratiques, ainsi que conseils d’achat et d’entretien adaptés.
Les pictogrammes encadrant la catégorie S et les labels optionnels figurent sur la chaussure et sa notice. Par exemple, une chaussure estampillée S3 CI HI HRO SRB ESD combine coque 200 J/15 kN (S3), isolation contre le froid (CI) et la chaleur (HI) du complexe semelle, semelle résistante à 300 °C (HRO), semelle profilée anti-glisse sur acier (SRB) et dissipation électrostatique (ESD).
Norme EN ISO 20345 et normes associées
La norme EN ISO 20345 (chaussures de sécurité) fixe les performances de base obligatoires. Outre l’embout orteils 200 J/15 kN, les chaussures doivent répondre à des critères généraux (qualité matériaux, ergonomie, confort, densité de tige, etc.) relevant du marquage SB (exigences de base) ou S1, S2, S3… suivant les options. Par exemple, S1 ajoute au socle SB les propriétés suivantes : partie arrière fermée, antistatique (A), absorption d’énergie au talon (E). S2 et S3 incluent en plus respectivement l’étanchéité de la tige (WRU/WPA) et la semelle anti-perforation (P) plus une semelle profilée.
Pour résumé, les tests normatifs sont identiques d’une catégorie à l’autre : l’accent porte sur la présence et la qualité de la coque et de certains composants. Par exemple, les tests derrière S3, S2, S1 partagent la même logique, seule la performance de la semelle/intercalaire change.
Les autres normes associées sont par exemple EN ISO 20346 (chaussures « P » 100 J), EN ISO 20347 (chaussures « O » sans coque), et EN ISO 20349 pour les chaussures de fonderie (résistance aux projections de métal en fusion).
En résumé : Exigences fondamentales de l’ISO 20345
· Coque de protection : 200 J, écrasement 15 kN.
· Antistatique (A) : résistance électrique de 0,1 à 1000 MΩ (chaussure partiellement conductrice).
· Absorption d’énergie (E) : test d’amortissement talon (pas de critère chiffré affiché).
· Imperméabilité (WR/WRU) : pour tige/chaussure entière, selon EN ISO 20345-A1.
· Autres : Résistance aux hydrocarbures (FO), coupure de tige (CR), etc.,
Ces performances fondamentales sont requises pour la mise sur le marché, garantissant la Protection des orteils et du pied dans les secteurs BTP et industriels lourds. Par exemple, l’INRS note que les chaussures « S3 » sont les plus répandues en logistique et industrie car elles cumulent coque+antistatic+absorption+perforation+semelle profilée.
Norme HRO (résistance thermique)
Le marquage HRO (« Heat Resistant Outsole ») est une exigence additionnelle de l’ISO 20345 pour la semelle extérieure. Il garantit que la semelle de marche résiste à un contact à 300 °C sans fondre ni fissurer. Pour l’obtenir, un laboratoire agréé (par ex. CTC en France) soumet un échantillon de semelle à une plaque chauffée à 300 °C pendant 60±1 secondes. La semelle ne doit présenter aucune fusion ni crevasse après ce test.
Dans la pratique, les chaussures HRO utilisent des semelles en caoutchouc nitrile, matériau qui supporte ≥300 °C. En effet, des semelles PU classiques résistent seulement jusqu’à ~170 °C. Cet équipement est utile pour les professionnels évoluant sur sols ou pièces chauds : chaudronniers, soudeurs, fondeurs, chauffagistes, maréchaux-ferrants, ouvriers enrobés bitumineux, etc...
Avantages/Inconvénients HRO : Semelles en nitrile épais offrent une protection thermique élevée. Mais elles sont plus lourdes, rigides et s’usent plus vite que des semelles standards.
Norme ESD (dissipation électrostatique)
Le marquage ESD désigne les chaussures de sécurité conçues pour dissiper continûment l’électricité statique du corps vers la terre. Les chaussures antistatiques (symbole A) possèdent déjà une résistance électrique modérée (0,1–1000 MΩ), mais ce n’est pas suffisant pour la maîtrise stricte des décharges. La norme EN IEC 61340-4-3 :2018 définit le test d’ESD qui soumet la chaussure vide à une décharge contrôlée pour mesurer sa résistance électrique.
D’après Singer Frères, « toutes les chaussures normées EN ISO 20345 (S1…S5) sont antistatiques mais elles ne sont pas forcément ESD ». Une chaussure est dite dissipatrice ESD si sa résistance à la terre R se situe dans une plage déterminée.
Usage ESD : Cette norme s’adresse aux secteurs sensibles aux décharges électrostatiques, comme l’électronique, la microélectronique, la chimie ou tout milieu explosif potentiel. Une chaussure ESD protège les circuits et l’environnement contre les étincelles dues au déchargement du corps. En revanche, ce n’est pas une chaussure isolante : elle ne protège pas du tout contre un contact avec un conducteur sous tension (risque d’électrocution). En particulier, ESD n’est pas adaptée aux électriciens en contact direct avec du courant.
Avantages/Inconvénients ESD : Les chaussures ESD améliorent la sécurité dans les zones sensibles en prévenant l’accumulation statique. Elles sont souvent légères et confortables (modèles basket S1-S3). Leur limite est la faible résistance transversale : elles ne doivent jamais être portées dans des environnements haute tension. En outre, l’efficacité ESD diminue si la semelle est très encrassée ou usée ; il faut donc débarrasser la semelle de la poussière.
Quelles chaussures selon mon métier ?
Pour le bâtiment et l’industrie lourde où le principal risque est l’écrasement, on choisit des chaussures S1/S3 (embout 200 J).
Pour les soudeurs, ferronniers, fondeurs ou poseurs d’enrobés (étuves d’asphalte), on privilégie HRO.
Pour les milieux électroniques/chimiques ou explosifs (usines de composants, laboratoires), on optera pour ESD.
Les autres options dépendent du contexte : par exemple HI/CI pour environnement très chaud/froid, SRC pour sols glissants, etc.
Recommandations d’entretien
Séchage naturel : Ne pas exposer le cuir à une source de chaleur (radiateur, feu) car cela le dessèche et le fissure. Laisser sécher à l’air ambiant, en bourrant l’intérieur de papier journal.
Nettoyage : Débarrasser boue et saletés dès que possible. Les impuretés peuvent bloquer le traitement antistatique ou user la semelle.
Vérifier l’usure : Contrôler régulièrement le profil de semelle. Si la semelle est lisse ou si l’insert anti-perforation est visible, la chaussure doit être remplacée. Une semelle très usée perdra sa résistance aux glissements et aux contacts chauds (HRO).
En résumé
EN ISO 20345 (S1, S2, S3…) :
Protection orteils et pied (risques mécaniques)
Coque 200 J (chute 20 kg/1 m) + 15 kN écrasement; antistatique A; absorption E; résistance glissance SRC/SRA/SRB
Pour : BTP, Industrie, Logistique (général)
Ne couvre pas le risque électrique direct (c’est A ou ESD pour ça) ; chaussures de « travail » (O) exclues
HRO (ISO 20344 §2.4.3.3) :
Résistance thermique de la semelle de marche
Test à 300 °C pendant 60 s : la semelle ne doit ni fondre ni se fissurer
Pour : Soudeur, fondeur, chaudronnier, travaux bitume, etc.
Semelle en nitrile lourde ; glissance parfois réduite ; ne protège pas du feu ambiant (isol. HI)
ESD (EN 61340-4-3) :
Dissipation électrostatique contrôlée
Mesure de la résistance électrique (EN IEC 61340-4-3) : typ. 100 kΩ ≤ R ≤ 100 MΩ (optionnel : test sur porteur 100 kΩ ≤ R ≤ 35 MΩ)
Pour : Milieux électronique, chimie, zone ATEX (protège circuits)
Ne protège pas contre les chocs électriques du secteur ; efficacité dépend de la propreté et de l’usure.
L’expertise TEXPRO dans le choix des chaussures de sécurité
Chez TEXPRO, nous accompagnons les professionnels dans le choix de leurs équipements de protection individuelle en tenant compte des contraintes réelles du terrain. Les normes comme HRO, ISO ou ESD peuvent sembler techniques, mais leur bonne compréhension est essentielle pour garantir sécurité, confort et conformité réglementaire. Grâce à notre expertise métier, nous aidons chaque entreprise à identifier les chaussures de sécurité les plus adaptées à son activité, que ce soit pour des environnements industriels, logistiques ou sensibles aux décharges électrostatiques. Notre objectif : vous proposer des solutions fiables, durables et parfaitement conformes aux exigences en vigueur, tout en optimisant le confort des utilisateurs au quotidien.
FAQ courte
Quelle différence entre chaussures « antistatiques » et ESD ?
Les chaussures antistatiques (marquage A) ont une résistance électrique modérée (0,1–1000 MΩ) pour éviter l’accumulation statique. Les chaussures ESD, certifiées par la norme EN 61340-4-3, ont une résistance strictement contrôlée (environ 0,1–100 MΩ) pour dissiper activement les charges. Les ESD répondent donc à des exigences plus sévères que les simples antistatiques.
Puis-je porter des chaussures ESD en présence de courant électrique ?
Non. Les chaussures ESD ne sont pas isolantes. Elles protègent contre les décharges statiques, mais ne protègent pas contre un contact direct avec une source sous tension (risque d’électrocution). Elles sont formellement déconseillées pour les électriciens ou toute intervention électrique sous tension.
Quelles chaussures pour un milieu huilé ou hydrocarboné ?
Les semelles FO (Fuel Oil) résistent aux huiles/essences. Les chaussures de chantier S3 FO sont prévues pour milieux oilés. Noter que dans ISO 20345-2022, FO est optionnel pour toutes catégories. On choisira S3 FO si glissement est aussi un risque (SRC).